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 Retrouvailles ferroviaires (Emily)

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Emily
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ferroviaires (Emily)   Retrouvailles ferroviaires (Emily) - Page 2 EmptyJeu 27 Déc - 23:39

La morsure du tison est encore terriblement présente. Si j'avais su que cette soirée allée se terminer ainsi, avec une cicatrice aussi affligeante, j'aurais probablement décidé de rester m'ennuyer dans mon appartement! J'essaye de détourner mon attention de la douleur en essayant de déceler des formes dans les motifs de rouille décorant mes barreaux
je suis terriblement vexée, blessée dans ma chair et dans mon ego. Je boue littéralement de désire de vengeance, telle une bombe à retardement. Et ce ne sera pas beau à voir lorsque j'exploserai.

Je me demande ce qu'il se passe à l'extérieur de mon périmètre, si Yume a réussi à se trouver un coin tranquille pour attendre les secours, ou au contraire prendre les devants. Mais j'espère néanmoins qu'elle a retenu la leçon et qu'elle ne prendra pas trop de risques insensés, on ne peut pas tous se le permettre, hélas!
Je me demande également ce qu'il se passe à l'extérieur de la ville, à quelle vitesse la nouvelle de l'attentat s'est répandue, et à quel degré de panique se trouve sa population. La police a-t-elle déjà un plan pour déjouer ces terroristes? Et Full? Je connais son emploi du temps par coeur, et je sais qu'il n'est pas de veille ce soir. Mais lui et sa nature héroïque résisteront-il à l'appel d'une ville en détresse?
Tant de questions qui resteront sans réponses. Je me console légèrement en fantasmant sur le fait que certains de ses extrémistes religieux sont peut être actuellement en train de se faire éventrer par Moony qui, pour l'occasion, serait libre de s'en donner à cœur joie. Le plus grand fléau de Londres. Je ne connais pas l'étendu des personnes dangereuses de cette ville, mais je pense qu'il mérite largement ce titre! Et vu l'état dans lequel je me trouve ce soir, je pense être en mesure de rivaliser pour un titre sur le podium. Au moins.

Alors que je rumine toujours, j'entends distinctement un bruit derrière moi. Alertée, et n'ayant plus envie de me faire prendre en traître, je me retourne et recule brusquement. A la lumière de quelques torches, je vois trois hommes discuter à une dizaines de mètres. je pense reconnaître les deux jumeaux diabolique m'ayant agressée, ainsi qu'Estheban, l'homme qui nous avait escorté jusqu'ici, Yume et moi.
Soudain, l'un d'eux se décide à venir vers moi, tandis que les deux autres s'éloignent vers une autre zone du campement de fortune. Je crois reconnaître Abel, le frère avec lequel j'avais eu une brève discussion. Alors que je relève la tête vers lui, je l'aperçois sourire de manière malsaine, un couteau de taille modeste à la main.

"Tu sais que les sorcières dans ton genre possèdent un point où le diable les a marquées. Un endroit de chair insensible qui ne saigne pas et ne provoque aucune douleur! Tu ne voudrais pas qu'on essaye de trouver le tien? Il nous reste encore quelques minutes à tuer avant la cérémonie."

Je ne prends même pas la peine de répondre à cette odieuse provocation et me contente d'émettre un grognement à peine dissimulé. Je commence sérieusement à cerner la personnalité de cet Abel, qui agit comme un enfant vicieux tourmentant un serpent paniqué, l'asticotant avec un bâton dans le but d'obtenir une réaction.
Ok, tu veux jouer? Alors on va jouer. Si tu ouvres cette porte, j'ai gagné.

Prenant un air craintif, j'évite sa lame à chaque reprise, profitant que son bras ne soit pas assez long ni souple pour parcourir l'étendu de ma prison. C'est un défi assez facile pour moi, et cela a l'air de l'agacer plus qu'autre chose. Peut être va-t-il se lasser et passer à autre chose. Mais comme l'enfant capricieux qu'il est, il n'a pas l'air d’apprécier que quelque chose lui résiste, et il me faut moins d'une minute pour que je l'entende soupirer et chercher son trousseau de clés. Déjà? Bordel, mais où est le challenge...?

Bon, je ne vais pas trop m'en plaindre. Intérieurement, je me délecte d'entendre la ferraille cliqueter et sceller le destin de mon adversaire qui crois me tenir en respect avec son petit instrument émoussé, mais sur mon visage, je dois garder une expression de panique. Mais pas de soucis, je connais.
Sa première lame sous mon menton, il sort ensuite une grande aiguille qu'il fait danser sous mes yeux. Je comprends qu'il a l'intention de me planter avec. Jamais de la vie.

D'un coup d'un seul, je glisse sur côté et 'un coup de poing rapide sur son coude, je lui fait lâcher sa première arme. Il n'a même pas le temps de crier que je bondit sur ma proie, qui tombe sur le dos! Il essaye de se défendre comme il peut, mais mon effet de surprise a l'avantage. Son aiguille m'erraffle la joue, mais je lui attrape la main et la plaque au sol. J'agis rapidement, avec une précision mesurée malgré la férocité de mon acte.

Et ma mâchoire se referme sur la jugulaire de ma victime.

J'ai souvent sous-estimé la résistance de la carnation humaine, auparavant. Mais dans les livres, l'on raconte que son épaisseur est comparable à celle de la peau d'une orange. Et je croque sans aucun mal dans ce fruit avant de commencer à en retirer lentement la couche protectrice qui mène à sa chair, donc je peux vous dire que cette comparaison est légitime!
Le sang gicle alors de mes crocs, pour la seconde fois cette nuit. Mais cette attaque n'a rien à voir avec la première qui a eu lieu quelques heures plus tôt! Couvrant enfin abondamment mes lèvres et dégoulinant sur mon menton, le liquide carmin à la saveur de ferraille coule avec violence et comble une soif secrète que je ne cesse de refouler encore et encore, jour après jour. Nuit après nuit.

J'ai l'impression d'être une fontaine de sang, et qu'avec ce fleuve rouge que je recrache s'échappe les pires vices de mon âme. J'adore le goût, j'adore la couleur, je trouve cela d'une beauté à couper le souffle. Cependant, hors de question de m'en abreuver. Je n'en ai nul besoin pour survivre, et de plus, ma proie me dégoûte trop pour que je daigne la considérer comme un "repas". C'est une brute, cruelle et abjecte qui mérite totalement ce qui lui arrive.

Je veux que la dernière chose qu'il admire soit cette croix qu'il a osé apposé sur mon corps, qui me brûle encore sauvagement. Toujours plaqué à terre par mon propre corps, je lui maintient férocement la tête tandis qu'il essaye vainement d'appeler son frère, gargouillant dans son propre sang. Et je ne suis plus que fureur et frénésie lorsque mes doigts s'enfoncent dans ses orbites, réduisant en bouillie les globes oculaires! Je m'efforce de ne pas réfléchir à ce que je suis en train de faire, et exulte absolument toutes les revendications et révoltes qui bouillonnent dans ma poitrine depuis une déraisonnable durée. Je pense bien entendu à cette atroce situation dans laquelle je me trouve, et aux actions abominables de ses allumés sectaires, à l'affront qu'ils font de prendre ma liberté d'esprit pour un acte de démoniaque. Mais je pense aussi à Full Saber qui ne me donne plus de nouvelles depuis trop longtemps, m'obligeant presque à lui courir après, littéralement. Je pense à Walk, qui fait la sourde oreille à mes appels émotifs et ma détresse. Et par dessus tout, je pense à Moon et à la violence dont j'ai moi même été témoin, et victime! Je t'en foutrais, de la pendaison mentale, et des mille souffrances soi-disant méritées!! Mes doigts se crispent. C'est injuste! Et j'enrage de toute mon impuissance, contre ma frustration et mon esprit paradoxal, et contre ce monde, qui se plait à contre-carrer mes rêves d'enfant.

Je crois qu'un nouvel hurlement s'est échappé de ma gorge. Mais rien de plaintif, cette fois. Juste le bruit d'une rage pure et concentrée, tandis que je me défoule sans retenue sur mon bouc émissaire de la soirée.
Je regarde mes mains, couvertes de sang. Je suis un monstre. Je commence à penser que ce ne serait peut être pas une mauvaise chose que je finisse brûlée, finalement. Placer un pouvoir tel que le mien entre les mains d'une personnalité si instable, égoïste, capricieuse, ce n'est que pure folie.
Haletante, je me redresse un peu. Je sens toujours la cage thoracique d'Abel se soulever au rythme de sa faible respiration. Ses ongles ont griffé mes bras jusqu'au sang, mais c'est la seule nuisance qu'ils ont pu me causer. Je n'ai même plus envie de l'achever. Je ne trouve rien d'autre à faire, à par me passer la main sur le visage, barbouillant encore plus de sang ce dernier.

Je me relève du corps inerte, tremblante et tordue, consciente d'au moins à présent ressembler au démon qu'ils semblaient vouloir voir en moi. Alerté par le bruit, Caïn et Estheban qui étaient restés dans le coin viennent à ma rencontre et à celle de mon... Oeuvre.
Il me reste encore un peu de sang que je peux cracher à leur pied.

"- Je vous avais prévenu que ce serait moche."

La dépense coûteuse d'adrénaline que j'ai usé ces derniers instants m’ôte toute nouvelle envie de combativité. Yume semble être dans les bonnes grâces de ces illuminés, ils ne lui feront pas le moindre mal, et maligne comme elle est, je lui fait confiance pour réussir à leur retourner le cerveau.
Le frère court au chevet de son jumeau dévasté, tandis que des renforts sont appelés en nombre pour m'interpeller. Exceptionnellement, je me laisse faire plus calmement cette fois-ci. J'ai largement eu ma dose de sauvagerie. Jamais je n'avais été si loin dans la cruauté et la torture. A présent sortie de ma furie, j'ai envie de vomir lorsque je repense à ces deux globes oculaires que j'ai broyé telles deux sanguinolentes cerises. Mais je ne regrette rien.

Je ne suis pas remise immédiatement dans ma cellule, puisque que l'on me couvre de chaînes et de ferrailles. D'ordinaire blessée par toute entrave, je considère plutôt ces dernières avec une pointe de fierté, telles des médailles illustrant la dangerosité dont j'ai pu faire part. Je vois dans le regard de mes bourreaux qu'ils me craignent désormais. Je ne suis plus une simple victime sans défense à leur yeux, mais à présent un véritable adversaire à leur hauteur. Mais le jour où ils auront pris conscience de l'étendu de de ma force, il faudra plus que cela pour m'empêcher de faire un carnage. Enfin, peut être que le bûcher vers lequel on m’amène est la solution simple et définitive à tout leur problème, en effet.

L'on commence en effet à me traîner de manière peu délicate vers le centre du campement. Des membres de la secte croisent mon visage, et moi je croise leur regards horrifiés, déformés par la crainte et la terreur de faire face à quelque chose qui ne comprennent pas, et qu'ils ne peuvent contrôler qu'à grand peine. Et je m'en rend compte que cela me plait, d'inspirer la peur.

Après tout, n'est ce pas l'apanage d'un revenant?
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Nathanaël
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ferroviaires (Emily)   Retrouvailles ferroviaires (Emily) - Page 2 EmptyJeu 7 Fév - 18:25

Huit paires de bottes battaient l'herbe alors que nous avancions lentement sous le couvert de la végétation. Le parc ne comptait pas suffisamment d'arbres pour dissimuler une force d'assaut d'une cinquantaine d'hommes, mais un petit groupe d'éclaireurs pouvait aisément s'y glisser par une nuit aussi obscure. Au loin, mon oeil de lynx percevait déjà de sinistres lueurs. Les terroristes s'éclairaient manifestement aux torches, négligeant la modernité des lampes à huiles. C'était bien la preuve qu'ils n'étaient qu'une bande de barbares, des sauvages ayant abandonnés toute forme de civilisation, de véritables menaces pour l'ordre public. Il n'y avait qu'un pas entre les torches et le bûcher meurtrier...

Comme toujours, mon cher frère, tu exagères quelque peu.
J'ai de quoi !! Tu as la mémoire qui flanche ? Ils ont balancé une satané bombe au coeur d'un festival ! La prochaine étape, en toute logique, serait de foutre le feu à tout le parc.
"Certaines personnes veulent juste voir le monde brûler" ! C'est ce qu'on appelle aimer les barbecues en plein air !
... Et ne t'avise pas de m'accuser d'être un parano qui s'attends constamment au pire, Walk. J'ai une intuition, d'accord ? Jusque-là, mon flair ne m'a jamais laissé tomber.
Parce que l'illustre Full daignerait le reconnaître, si son intuition venait à malencontreusement s'égarer ?

Nooooon. Hé hé hé, ce serait tellement non-Fullounet ! Après tout, il refuse d'admettre qu'un bébé lapin meurt à chaque fois qu'il noue ses lacets, alors que tout le monde sait que c'est scie-tifiquement prouvé !
Pour la dernière fois, Moon, les bébés lapins ne sont pas mortellement allergiques aux... Mais par tous les saints, pourquoi je perds mon temps à écouter vos sornettes ? Je dois vraiment être crevé.
Peut-être qu'il serait plus sage de profiter d'une légère accalmie après cette vaillante mission. Je ne te suggère pas de prendre ta retraite, simplement de dormir plus de quelques fragments de secondes, cela ferait des merveilles pour notre teint.
Dormir est un luxe trop cher payé, par les temps qui courent.
Continue à tirer sur la corde et tu finiras pendu, Fullichou !


Avertissement dûment enregistré, espèce de cinglé. Pourquoi tout le monde, de mon meilleur pote paresseux au plus vil des tortionnaires, persistait à aborder ce sujet ? C'était à la mode de jouer les nourrices ? J'étais suffisamment mature pour prendre mes décisions moi-même. Au diable leurs  fausses inquiétudes. Il m'était impossible de baisser les bras, surtout quand Londres se trouvait encore et encore en proie au grabuge. Ils le savaient, et peu importe combien de fois je le répétais, je restais une inconsciente tête de mule à leurs yeux.

Gates faillit trébucher, déjà en sueurs. Je fronçais les sourcils en me retournant vers lui. Il dû croire que j'allais l'engueuler, un rituel que nous entretenions depuis nos premières affaires ensemble, puisqu'il bégaya aussitôt :

-"C-c-c'est qu'il est tard et que j'ai pas l'habitude de..."


Je le coupais : -"Pensez-vous que je sois un guignol suicidaire et inapte à simplement lâcher-prise, John ? De vous à moi. Soyez cru, si il le faut."

Les autres constables avançaient au même rythme que nous, mais aucun n'était assez proche pour entendre nos chuchotements. Le sergent sortit un torchon noir de crasse des replis de ses habits civils, se tapotant le front avec. Il semblait en pleine réflexion, sans doute parce qu'il y avait bien trop de compliments envers ma personne qui lui venaient à l'esprit. Ca, ou il peinait à causer en traînant sa carcasse. Finalement, il cracha le morceau :

-"Vous êtes infatigable, ça c'est sûr, mais... "
Il hésita. "J'crois pas que ça soit une mauvaise chose. Si vous étiez pas aussi... borné... les racailles n'auraient pas autant la trouille de vous."

Cela illumina mon humeur. Enfin quelqu'un qui me soutenait, qui comprenait ! Je lui souris généreusement : "Merci, j'avais besoin de l'entendre."

-"Pourquoi cette question, inspecteur ?"


Je haussais les épaules et pointait du doigt notre destination.

-"Peut-être parce qu'il faut être sacrément timbré pour s'attaquer à ça !"


Nous nous étions approchés aussi près que possible sans éveiller les soupçons de leurs sentinelles. Les malfrats avaient carrément dressé un campement de fortune au centre des ruines du festival qu'ils avaient lâchement saccagé. Leurs palissades pathétiques ne valaient rien en comparaison de ce qu'un sapeur de l'armée pouvait bâtir en trois quarts d'heure avec autant de matériaux, mais ils continuaient à les renforcer, débris après débris. Ce n'était qu'une question de temps avant que ces fortifications ne deviennent problématiques. Il était impératif de frapper maintenant, et vite.

Je fis signe à mes maigres troupes de se réunir autour de moi. Nous n'étions clairement pas de taille à maîtriser un tel nid de frelons, à seulement huit. J'ignorais encore le nombre exact des suspects, ni même si ils étaient armés jusqu'aux dents ou nous réservaient une autre bombe artisanale. Il y avait trop de variables inconnues. Et pourtant. Pourtant. C'était notre devoir d'agir, de nous jeter bravement dans la gueule du loup affamé.

-"Vous." Je désignais un collègue récemment intronisé dans nos rangs, jeune et inexpérimenté mais dominant toute la bande d'au moins deux têtes. "Constable Marks, c'est ça ? Vous allez m'utiliser cette grande paire de guibolles, rejoindre au pas de course l'inspecteur Crowder et le prévenir de ramener ses fesses fissa. On va avoir besoin de renforts pour craquer cette noix. Magnez-vous, d'accord ?"

Le bleu fila sans demander son reste. En espérant qu'une huile plus compétente ait fait le déplacement, depuis que nous avions laissé Crowder et mon précieux vélocipède. Cet idiot indigne de son rang et de sa fonction serait parfaitement capable de nous abandonner au coeur du bourbier, sous prétexte de ne pas "avoir toutes les informations". Par les cornes du Diable, je détestais partir au combat à l'aveugle. J'allais devoir improviser.

-"Alors voilà le plan : ils vont pas nous voir venir, c'est encore trop tôt, donc on aura l'effet de surprise. Toi, toi et toi, prenez ce banc, on s'en servira comme bélier  pour défoncer la première palissade. Vous deux, vous me collez aux basques, matraquez tout ce qui s'approche à plus d'un mètre. Je m'occupe du reste."


-"Et moi, inspecteur ?" demanda Gates d'une petite voix, convaincu que je l'avais oublié. Ce qui était bien sûr outrageusement faux. J'avais un rôle parfait pour mon sergent préféré.

Et après que je lui eu expliqué sa tâche, il pâlit autant que le permettait son visage rougeaud. L'excitation de jouer une part importante dans ma stratégie ! Une fois que tout le monde eut prit ses positions et adressé une courte prière à Dieu et à tous les anges en mesure de venir sauver notre peau si ça foirait, je donnais le signe de la charge.

C'était une course silencieuse, nos quatre porteurs essayant de taire leurs ahanements d'efforts. D'une minute à l'autre, une sentinelle allait crier et donner l'alerte. Mes doigts se crispaient sur la crosse de mon revolver, un British Bull Dog, chargé et prêt à cracher du plomb. Ma matraque était glissée à ma hanche, inutile pour l'instant. Nous avions presque rejoint le périmètre éclairé par les torches lorsque le son reconnaissable entre tous d'un sifflet de la maréchaussée retentit du côté opposé du campement fortifié.

La distraction était lancée. Gates allait nous faire gagner du temps, puis il avait pour ordre de se carapater avant qu'ils ne lui mettent la main dessus. Comme prévu, les malfrats s'agitaient au-delà des débris, se passant le mot et gesticulant comme des poules sans têtes. Ils paniquaient aisément, pour des criminels endurcis... Peut-être avions-nous affaire à des petites frappes ayant vu trop grand. La gourmandise était un péché capital, les enfants. Le son du sifflet déchira la nuit pendant encore plusieurs salves, avant de disparaître au loin. Mais c'était déjà suffisant.

Les trois gaillards se mirent à prendre de l'élan, puis le banc de pierre, finement ouvragé et plus lourd qu'un lion de mer, s'enfonça profondément dans l'amas de bois qu'ils appelaient une muraille, pratiquant une ouverture avec fracas.

Aussitôt, nous nous engouffrâmes à l'intérieur.
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Yume

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MessageSujet: Re: Retrouvailles ferroviaires (Emily)   Retrouvailles ferroviaires (Emily) - Page 2 EmptyDim 10 Fév - 13:26

Ma course effrénée tint moins d'une minute. Je quittais le sentier et me posai contre un arbre. Fausse bonne idée. J'avais beau avoir récupéré une bonne partie de mes forces, la gâcher en courant n'était pas une de mes tactiques les plus brillantes. Cet accoutrement pesait étrangement lourd sur mes frêles épaules et la carte roulée menaçait à tout moment de s'échapper de ma prise. Si ce n'était pour garder un semblant de couverture, j'aurai volontiers tout abandonné pour secourir Emily dans mes culottes ! La ruse s'imposait pourtant. Ma demoiselle en détresse était bien protégée, et les forces de l'ordre coincées derrière La Grande Barrière. Si ma prétendue autorité ne faisait pas des merveilles, je devrais user de mes poings. Il fallait définitivement tout faire soi-même !... Et je n'avais pas le temps de traîner davantage. Je ne pourrai jamais me pardonner d'arriver trop tard pour un point de côté.

Je me glissais derrière les arbres, quittant le sentier pour continuer ma route à grandes foulées soutenues, galopant parfois par intervalles, afin de ne pas m'épuiser. Je crains m'égarer mais fus bientôt rassurée; Malgré les petits espaces boisés comme celui dans lequel j'avançais furtivement, le parc restait dégagé; j'apercevais en effet déjà l'ombre des tentes de fortune agglutinées autour de la place. L'endroit semblait à mon grand soulagement désert. La stratégie du Cardinal s'était propagée à une vitesse remarquable. Je souris alors que j'accélérerai l'allure. Je n'aurai pu fuir à un moment plus opportun ! Si je gardais le rythme, je pourrai libérer mon amie sans la moindre difficulté, avant que l'incident de la tente ne remonte jusqu'aux oreilles des gardiens. Quel talent, Yume, quel talent !

Quelques mètres plus loin pourtant, alors que j'injuriais silencieusement les ronces dans lesquelles ma chape s'était accrochée, j'entendis des pas battre le pavé non loin de moi. Pas le temps pour la délicatesse ! Je tirai violemment dessus, en déchirant l'ourlet et m'accroupis près du buisson. Je guettais malgré tout, priant pour reconnaître le flamboyant uniforme bleu de Scoltand Yard. Alors que les silhouettes se précisaient, je me renfrognais. Fais chier. La sœur que l'on m'avait promise et frère Raphaël se pressaient vers la grande tente. Je pinçais les lèvres, inquiète. Le temps passait, passait, passait... Contre moi. Lentement, je me glissais hors de leur portée pour finalement me précipiter vers la place vide, où le brouhaha redoubla d'intensité. La barrière se dessinait à l'horizon, et je trônais en son centre, invisible. Où étaient passés tous les civils...? Pas le temps pour eux. Emily. Emily était ma priorité. Seulement, à présent que j'étais revenue à mon point de départ...Où aller ? Où était-elle ?

"-Putain...!"

Pourquoi n'avais-je pas demandé ?! Quelle abrutie. Je repris ma respiration. Pas le temps de paniquer. Pas le temps. Je me remis à courir un peu au hasard. Mon cervelet s'échauffait tel un moteur graisseux. La Grande Barrière nous entourait de toutes parts. Je n'avais qu'à la longer ! J'écrasais la carte contre mes côtes, serrant des dents et tentant d'ignorer les battements de mon cœur qui redoublaient d'intensité. J'avançais dans l'obscurité. J'aurai du prendre une montre. Glisser la fiole d’anesthésiant dans ma poche. J'aurai du... Faire tant de choses. Mais il était trop tard et je continuais de trottiner, gardant l’œil ouvert comme je ne pouvais me fier à mon oreille. Je faisais abstraction des coups de feu. Des cris. Des râles. Ils ne m'auraient que ralentie. Emily, bon sang, où étais-tu ?

Je m'arrêtais une nouvelle fois pour reprendre mon souffle et scruter les alentours. Je m'étais éloignée des tentes, mais toujours aucune trace des civils ou de ma princesse prisonnière. Qu'importe. Je devais continuer. Les larmes commençaient à obstruer ma vision: Je ne pouvais m'empêcher d'imaginer la scène. Encore et encore. Que deviendrai-je si ma précieuse et seule amie disparaissait ? Je ne pouvais pas encore perdre quelqu'un. C'était au dessus de mes forces. Je repris mon souffle, l'évacuai et alors que je posais un pied devant moi..

"-Mademoiselle Wilson?!"


Je me retournai vivement. Un policier ?! Non.
Devant moi se tenait haletant un frêle jeune homme qui ne dépassait pas la vingtaine. Mon cœur se serra un instant, mais l'impression se dissipa quand je remarquai qu'il portait l'uniforme noir et argent de ces barjots. Que faisait-il ici, alors que tous se donnaient à corps perdu au combat ? Avait-il...Déserté ?

"-Que faites vous ici dehors ? C'est dangereux !!"


Je me retins tout juste de lui décocher une remarque cinglante, peinant à conserver ma façade sereine.

"-La tente du Cardinal a été prise d'assaut. J'ai été envoyée devant pour ma sécurité."


"-Seule?"

"-Mon escorte a été compromise." Contenir mon agacement était plus difficile que prévu. "On m'a ordonné de me rendre à la cérémonie sur le champ. Rien ne doit obstruer le déroulement du plan."

Le fidèle me toisa un moment, comme plongé dans ses pensées. Je ne pouvais pas me permettre de l'attendre. Je repris ma marche mais ne pus faire quelques pas avant qu'il ne se plante devant moi. Je serrai les dents et tentai -on sans un mouvement d'humeur- de le contourner, pour me retrouver de nouveau bloquée. Mon sang se glaça aussitôt. M'avait-il percée à jour...?

"-Non."


"-Non?"


"-Vous ne pouvez pas aller là-bas... C'est du suicide !!"


"-Mais le Cardinal m'a ordonné..."

"-Qu'importe ce que le Cardinal a dit !! La Grande Barrière est en train de se fracturer, et notre guide a été neutralisé si je crois ce que vous me dites !"
Il s'approcha de moi. Je reculais dans l'instant. "Sauvons-nous ! Si nous restons, nous sommes condamnés. Vous avez les plans. L'agneau est sauf ! Je ne suis pas le seul à avoir rendu les armes... Nous ne sommes pas fous. Nous devons préserver ce qu'il nous reste... Ce n'est qu'une opération de petite envergure. Avec votre aide... Nous pourrons toujours réaliser le grand coup !"

Quels ânes. Vous ne parviendrez jamais aux portes du palais si même votre attentat de quartier tombe à l'eau ! Qu'il me laisse passer ! Je tentai de nouveau de lui forcer le passage mais sans grand succès. Impatient, il finit par m'empoigner l'avant bras pour me traîner avec lui, ignorant mes injures.

"-COMMENT OSEZ-VOUS POSER VOS SALES PATTES SUR MOI?!"


Je me débattais faiblement, la panique creusant les parois de mon estomac. J'étais sacrée ! Rien pourtant ne l'ébranlait !! Je jetai une œillade furieuse à son profil soucieux quand je remarquais ses yeux en amandes et ses cheveux de jais. Les immigrés asiatiques étaient nombreux par les temps qui courraient, mais le souvenir ravivé d'une passion trahie m'insuffla l'adrénaline.

Je fracassai ma crosse contre son crâne. Mon ravisseur tomba à genoux devant moi, sonné et stupéfait. Je ne perdis pas de temps et le dépassais aussitôt de quelques foulées.
Il aurait été dans les vapes si je n'avais pas été gênée par cette foutue carte.... Allez donc vous battre avec une seule main ! Je prenais de l'avance quand le papier s'échappa de sous mon bras. Je la ramassais à la hâte, mais le fanatique s'était déjà relevé et sprintait dans ma direction.
Mes nerfs lâchèrent soudainement et je me jetai sauvagement sur lui. Surpris, il avait ralenti et s'écrasa au sol sous mon poids. Emily. Emily. Emily. Emily. Les images défilaient dans ma tête alors que je déchaînais. Combien de temps me restait-il ? Que ferais-tu à ma place ?

"-Aïeuh !!"

Je tressautais brusquement, mes ongles plantés dans ses épaules et mes dents... pinçant fermement la peau de sa nuque. Je marquais un temps d'arrêt, stupéfaite. Il me dévisageait, l'air plus embarrassé qu'effrayé. Ma colère retomba brusquement pour laisser place à une gêne semblable. Je le lâchais doucement et un court silence laissa place. Tout ceci paraissait pourtant si naturel quand je te voyais faire... Emily ! Mon objectif s'imposa de nouveau dans mon esprit, chassant l'égarement de l'épuisement. Je ne pouvais pas le laisser me ralentir.

"-...Bon, au moins je sais que ce n'est pas mon truc. On va essayer autre chose."

J'envoyais mon poing dans son visage. Encore. Encore. Et encore. Je l'entendais gémir sous mes coups sans pour autant tenter d'y résister. Il était faible. Si vulnérable qu'il se laissait malmener par une jeune femme fatiguée. Je ne m'en sentis même pas coupable. Mes mains se perdirent et bientôt, je me sentais enserrer son cou. Il couina.

"-Pitié... Arrêtez... "


Je croisais son regard mouillé et relâchais quelque peu ma prise. Ce ne fut pas par empathie.
Comment avais-je pu être tant aveuglée par mes nerfs ? J'avais sous mes doigts une mine d'informations ! Je n'étais après tout menée que par une seule chose. Et ce n'était pas battre un gamin au sol.

"-D'accord. Où seront brûlés les hérétiques?"


Il n'avait étrangement plus envie de s'opposer à mon désir.  Je lui arrachais les indications entre deux sanglots. Après m'être relevée, je ramassai mes affaires dans un silence religieux, sentant ma rage retomber quelque peu. Je jetai un dernier coup d’œil au jeune garçon chétif qui se redressait en essuyant ses larmes. Les remords me submergèrent aussitôt. Je lui intimais doucement.

"-S'il te plaît, n'y vois rien de personnel. Va t-en loin d'ici, oublie toute cette folie et surtout, ne te mets pas en travers de mon chemin."

Je tournais les talons, reprenant ma marche, un noeud se serrant dans mon estomac. Cingler un sans défense au sol... Ce n'était pas moi. Ce n'était pas... Moi. J’accélérai le pas. Je ne pouvais pas me permettre de regretter maintenant. J'aurai tout le temps de pleurer quand ce cauchemar sera fini. Mes pensées furent brusquement interrompues par une vive douleur au crâne. Je n'eus le temps de réaliser ce qui se produisait et me retrouvai propulsée en avant, mon beau visage éraflant la terre mouillée. Je me retournai vivement et me glissa hors d'atteinte d'un autre coup à l'aveugle. Le gamin que je pensais avoir fait détaler tremblait devant moi, un pavé ensanglanté dans son poing. Je sondais son regard alors que je me mis sur mes pieds. Ces beaux yeux en amande.. Indéchiffrables. Aussi terrorisés que déterminés. Je ne pouvais rien faire pour lui. Et le temps filait toujours. Je portai une main à ma tempe, où le liquide poisseux s'écoulait lentement. Je ne savais pas comment je tenais toujours debout.

"-Je t'avais prévenu."


Je m'avançai vers lui et contrai aisément ses gauches assauts. Tête. Ventre... Bijoux de famille !! Je lui portais un coup de genoux bien placé et saisis violemment ses épaules. Sans réfléchir davantage, je lui envoyais mon crâne au visage. Je sentis mon nez craquer. Il tomba au sol. Je soupirai en rassemblant une fois de plus ce que j'avais laissé tomber dans ma lutte. Le parchemin roulé commençait à se tâcher. Peut-être aurai-je du le laisser dans la tente...
Une larme roula sur ma joue poisseuse. Ces montagnes russes émotionnelles m'épuisaient, et la douleur n'arrangeait rien. J'avais perdu tant de temps.. Je ne pouvais plus que courir. J'entendis une branche craquer derrière moi. Je fis volte-face, prête à en découdre. Un gloussement de soulagement m'échappa quand je reconnus deux visages familiers. Une perruque blonde de travers et une chevelure gazon. Dieu merci !!

"-On peut dire que vous avez pris votre temps !! J'ai sauvé des gamins, me suis faite tabassée, ai été kidnappée, me suis échappée pour ENCORE me faire tabasser !!"


J'étais à bout de nerfs. Mais ravie de les voir. Ce qui n'était pas des plus explicites, je le reconnais. Mais je n'avais pas le t... Emily !! Emily. On se concentre Yume. Je ne devais pas avoir fière allure. Ils ne me reconnaissaient sans doute pas. Tant pis. Futilités. Je les rejoignis à toute vitesse et chargeai...Fates ? Rates..? Gates !! de mes parchemins sans lui laisser le temps de les refuser.

"-Ecoutez-moi bien car je ne me répéterai pas. Ils prévoient une série d'autres attentats, dont un pendant le bal du solstice. Voici une partie des plans. Je ne sais pas ce qui manque. Allez mettre ça en sûreté. J'ai mis leur grand chef hors d'état de nuire dans la tente au fond du parc -Il n'est pas mort si tout va bien.- Mais ils l'ont sûrement trouvé avant vous. On ne sait jamais. Bref, débrouillez vous !!"


"-Votre nez.."


"-Ne soyez pas impoli."


Je me retournai vers l'inspecteur Full qui me scrutait d'un drôle d'air. Dans un autre moment aurai-je trouvé une réplique cinglante pour me venger de son attitude méprisante lors de notre dernière rencontre.... Mais à présent, je savais que nous avions quelque chose en commun. Quelque chose que ni lui, ni moi, ne souhaitions perdre. Peut-être l'avaient-ils déjà libérée et mise en sécurité ? Je l'espérais au fond de moi, mais voulais le voir de mes propres yeux.

"-Vous, vous venez avec moi. Rien de ce que vous ne faisiez n'est aussi important, je vous le garantis."


Il n'avait pas l'air d'apprécier que je lui donne des ordres. S'il savait à quel point je n'en avais rien à foutre.

"-Trois Mots. Emily. Est. En. Danger.... Merde, ça fait quatre. Bref ! Oui, on parle bien de la même, non, il n'y a pas le temps pour les questions."


Ma tête me faisait tant souffrir... Je tapais du pied.

"-Rah, laissez tomber ! Qui l'aime me suive, je ne vais pas vous attendre. Je pourrai la sauver sans votre aide."

Sur ces mots, je me mis à courir.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles ferroviaires (Emily)   Retrouvailles ferroviaires (Emily) - Page 2 EmptyMer 13 Mar - 21:29

Ça y est, je suis enfin devenu un véritable monstre.

Mais depuis le temps que ce chapitre de ma vie me pendait au nez, ce n'est plus vraiment une surprise à ce stade! Je me demandais seulement régulièrement où se situerait la limite entre la justice sévèrement rendue et la barbarie incontrôlable. Il semble qu'aujourd'hui la limites ait été largement franchie. Mais c'est de leur faute aussi! Ils n'avaient qu'à pas m'énerver autant. Les fous, et ce n'est pas comme si je ne les avais pas prévenus. Mince... J'espère au fond de moi que je n'y ai pas pris goût.

C'est curieux, mais je n'ai plus l'impression de redouter tant que cela le bûcher. Mon âme est emplie de cette sensation d'avoir tout donné, d'avoir éclaté les limites, et de n'avoir plus aucun regrets - malgré cependant une présence tenace de remords.

Je marche le coeur à la fois lourd et léger. J'ai l'impression d'avoir libéré quelque chose de pesant en moi. Quelque chose de risqué, voir de complètement irresponsable, mais toute cette violence, cette colère, je ne pouvais plus la garder en moi. C'était comme un venin qui m'empoisonnait les entrailles, qui me pressait le coeur et m'étouffait de l’intérieur. Et maintenant que cet acte horrible a eu lieu, c'est comme si un apaisement que je n'espérait plus m'avait brusquement gagné. Un soulagement de courte durée, certes, mais un soulagement tout de même.
Mais l'état secondaire dans lequel m'a plongée ce choc commence tout de même à se dissiper, surtout lorsque mes yeux se pose sur l’échafaud dressé pour moi. Cette montagne de bois qui n'attend que ma présence pour s'embraser donne un coup de fouet à mes pensées et m'offre brutalement une énergie nouvelle! Je n'ai pas finis de me battre, mes chers amis, vous n'avez encore rien vu.

Il n'y a actuellement plus aucune stratégie, excepté un léger mouvement de surprise. Juste un accès de violence brute, de rébellion pure, pour prouver que même si tout semble perdu, je ne rendrais jamais la tâche aisée à mes adversaires. Je ne lâcherai jamais le morceau. La reddition est un concept qui a été éjecté de mon cerveau!

Je me tords dans tous les sens. Je grogne, je hurle, je me secoue de manière insupportable, ma conscience a rendu les armes. Je ne suis plus qu'une boule de fureur et de vengeance! Ma mâchoire claque dans le vide, essayant désespérément d'attraper quelque chose à arracher à nouveau pour blesser, faire mal. Mes membres gesticulent malgré les entraves, frottant contre les chaînes et irritant ma peau, ce que je réalise à peine tant la totalité de mon être n'est concentré que sur ma rage;
J'inquiète, je fais peur, et il faut un bon nombre de paires de bras pour me contraindre à l'immobilité totale, et à me maintenir la tête rivée sur un crucifix, brandit devant moi par le grand Diacre que j'avais provoqué quelques heures plus tôt :

"Si quelqu'un en doutait encore, voici cette fois la preuve sous vos yeux horrifiés que cette femme est bel et bien habitée par un démon! Profite de tes derniers instants sur cette terre, vile créature, car bientôt arrive l'heure de ta destruction."

Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire, bien consciente que cela ne fait que renforcer mon attitude d'hystérique. Le plus sournois des démons n'y est pour rien! Si je suis dans cet état, c'est uniquement parce que, alors que je m'amusais gentiment et candidement dans une fête foraine pleine de rires d'enfant et de barbe à papa, on a détruit mon petit havre de paix à coup d'explosions meurtrières, tué des dizaines d'innocents, pris en otages ceux qui restaient, faillit tuer ma meilleure amie, enfermée dans une cage et marquée au fer rouge! Excusez-moi de ne pas l'avoir bien pris!! Plait-il? Vous vous attendiez peut être à ce que je tende l'autre joue? Vous êtes mignons ♥️

Je voudrais encore et encore leur compliquer la tâche, je me sens inépuisable! Mais hélas, leur nombre se fait sentir sur ma carcasse, et mes spasmes de frénésie sont de mieux en mieux maîtrisés et la douleur qui m'est infligée et me restreint se fait de plus en plus sentir. je ne suis pas une déesse, ni une complète créature des ténèbres. Je reste humaine, et dans cette configuration, soumise à la loi du plus fort. Je ne gagnerai peut être pas cette partie.

Contre mon gré, je suis portée sur cette pile de bois et fixée à un poteau. Malgré leurs précautions, je sens mes liens se desserrer légèrement. Mes mouvements de damnées auraient ils finalement porté leurs fruits? L'un des maillons usés de ma chaîne semble légèrement fendu! Avec un peu de persévérance et de temps, je pourrais peut être le faire sauter! Pour une fois, je prie le ciel pour qu'il m'accorde ce que je désire actuellement le plus : une diversion! Une ultime chance de retrouver ma liberté avec que cette scène ne devienne plus qu'un cauchemar ardent!
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